Aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique sont les 4ème plus gros producteurs mondiaux de vins. Cette industrie date du XVIIème siècle avec les premières plantations par les colons européens. Dès le XIXème, l’état de Californie s’est positionné en leader national pour la production de vins.

L’image des vins américains est ternie sur le Vieux Continent au cours du XIXème siècle. À cette époque, certains viticulteurs européens décident d’importer des pieds de vigne américains. Ces derniers sont plus résistants à une maladie nommée oïdium. L’importation de ces cépages est accompagnée de l’arrivée du phylloxera en Europe. Ce petit insecte, fatal aux pieds de vigne européens, détruit à la fin du siècle la quasi-totalité du vignoble. Contaminé par ces ceps américains, le vignoble européen est reconstruit avec ces mêmes ceps résistants au phylloxera. Les cépages européens sont donc greffés sur des plants américains.

Le secteur viticole américain est ensuite mis à mal par la Prohibition progressivement mise en place à partir de 1851. L’ensemble des états est concerné dès 1919. Elle est abrogée en 1933 par le président F.D.Roosevelt. Durant cette période, nombreux vignobles sont arrachés. D’autres se convertissent et produisent des raisins de table ou du jus de raisin. Au lendemain de ces années prohibitives, l’industrie se reconstruit petit à petit.

Un événement majeur a mis la lumière sur les vins américains. En 1976, au cours du Jugement de Paris, une sélection de chardonnays et cabernet sauvignons de France et des États-Unis est dégustée à l’aveugle. Contre toute attente, les vainqueurs sont le chardonnay de Château Montelena 1973 et l’assemblage base cabernet sauvignon de Stag’s Leap Wine Cellar 1973. Chacun de ces vins californiens devance respectivement un chardonnay de Bourgogne et un vin de Bordeaux. En ce qui concerne la valeur de ces résultats, nous laisserons les professionnels en débattre. Pour nous, ce jugement a eu le mérite de bousculer le monde du vin et de montrer qu’il existe de très bons vins hors de notre douce France.

Domaine Drouhin Oregon

Domaine Drouhin Oregon

Le vignoble américain se déploie sur près de 450 000 ha. La totalité des états formant les États-Unis produit du vin. Certains peuvent surprendre. C’est le cas d’Hawaï qui compte une dizaine de domaines. Ils proposent principalement des vins d’ananas. Ou encore, l’Alaska, qui produit des vins de fruits et quelques vins de glace. Le principal producteur est la Californie avec 90% des volumes nationaux.

Les régions viticoles délimitées par le gouvernement sont appelées AVA ou American Viticulture Area. Chaque AVA permet de garantir l’origine géographique du vin. Ainsi, pour en arborer le nom sur son étiquette, un vin doit contenir au moins 85% de raisins de la dite AVA. Créées au début des années 1970, elles sont tout d’abord le reflet des frontières politiques (états ou contés). Le système s’affine à la fin des années 1970 avec la création de sub-AVAs tenant compte de critères géographiques et climatiques. Les vins non-issus d’une AVA ont une appellation générique (nom du conté, nom de l’état ou encore la mention American or USA) ou une mention semi-générique. Pour cette dernière, citons par exemple la mention California Champagne pour un vin pétillant produit avec des raisins californiens, la mention Burgundy pour un vin de table rouge ou encore Chablis pour un vin de table blanc. Ces derniers sont en général des vins très bon marchés (6 USD le magnum), bien loin qualitativement de nos AOC. Début 2015, 230 AVAs sont recensées sur l’ensemble du territoire. Ce système est évolutif avec la création régulière de nouvelles AVAs.

Nous vous proposons de découvrir deux régions. La Californie dont les cabernet sauvignons ont construit la réputation. L’Oregon, un incontournable pour les amateurs de cépages bourguignons.