Le Chili est un pays qui s’étend sur plus de 4 300km du nord au sud, de la latitude sud 18° à la latitude sud 55°, et un maximum de 200km d’est en ouest. Le pays est isolé de ses voisins par des frontières naturelles : la cordillère des Andes le sépare de l’Argentine et le désert d’Atacama le sépare de la Bolivie et du Pérou. Grâce à cet isolement géographique, le pays est vierge de nombreuses maladies végétales ou animales ; il est par exemple épargné par le phylloxéra. Dans sa longueur, deux chaines montagneuses le traversent : la cordillère des Andes à l’est qui culmine à 6 893m et la cordillère de la Côte à l’ouest qui culmine à 2 000m. Le climat est diversifié : désertique au nord et méditerranéen dans la vallée centrale où se concentrent les vallées fertiles et océanique au sud.

Depuis près de 500 ans, le Chili cultive des raisins de cuve. En 1554, les premiers vignobles sont plantés dans la région de Santiago par les conquistadors espagnols. À cette époque, les cépages cultivés étaient uniquement originaires d’Espagne. L’indépendance de 1810 et l’augmentation des voyages transatlantiques au XIXème siècle ont favorisé l’importation de cépages français : le paysage viticole chilien change et s’oriente vers des variétés bordelaises. Au milieu des années 1850, le phylloxéra détruit les vignobles européens, laissant de nombreux œnologues européens sans activité, dont certains ont émigré au Chili. Grâce à leur expérience, ces œnologues ont participé à la modernisation du secteur viticole. Durant les années suivantes, les vins sont exportés avec succès en Europe, le vignoble se développe et s’étend sur 100 000ha dans les années 1930. Malheureusement, la seconde guerre mondiale frappe l’Europe, la demande européenne diminue et l’industrie viticole chilienne entre petit à petit en déclin. Puis, les années noires du régime militaire de Pinochet, avec l’augmentation des taxes sur le vin et les politiques de lutte contre la consommation d’alcool, sonnent son glas. La moitié du vignoble est arrachée dans les années 1980 ; ceci explique pourquoi il y a peu de vieilles vignes. Le secteur viticole renait avec la démocratie de 1990. Aujourd’hui, les vins chiliens sont reconnus internationalement et se positionnent de façon très compétitive pour leur rapport qualité-prix.

Le vignoble chilien se déploie sur 128 000ha, à peine plus grand que le vignoble bordelais AOP. L’encépagement est principalement rouge, à hauteur de 74% contre 26% de cépages blancs. Les principales variétés cultivées sont le cabernet sauvignon (plus de 40 000ha), le sauvignon blanc (environ 14 000ha), le chardonnay et le merlot (chacun plus de 11 000ha).

Le cépage emblématique est le carménère, cépage d’origine bordelaise aux doux arômes végétaux, qui s’étend sur plus de 10 000ha, soit 85% de la surface mondiale pour ce cépage. Ce cépage avait quasiment disparu dans les années 1860, suite à la contamination du vignoble français par le phylloxéra. Toutefois, il aurait été importé au Chili à cette période et planté au milieu des pieds de merlot et cabernet sauvignon. Longtemps confondu avec le merlot, il est redécouvert dans une parcelle de la vallée de Maipo en 1994 par Jean-Michel Boursiquot, ampélographe français.

Le pais, premier cépage espagnol importé pour évangéliser le pays, est également caractéristique du Chili. Moins répandu que le carménère, seulement 7 000ha, on le trouve principalement dans les anciennes vallées du Bío Bío et d’Itata. Ce cépage est rustique, résistant aux maladies et à la sécheresse, et offre de très bons rendements. Il est encore principalement utilisé pour la production de vins de table, cependant quelques aventuriers tentent de l’anoblir.

Cépage païs

Le vignoble s’étend du désert d’Atacama, second désert le plus sec au monde, jusqu’à la région australe (nord de la Patagonie). Toutefois, les principales régions se concentrent autour de Santiago. En effet, les régions les plus éloignées de la capitale rencontrent des conditions extrêmes. Outre la mosaïque de sols, le terroir local est influencé par deux éléments uniques. Tout d’abord, la fraiche brise marine venue de l’océan dont les eaux souffrent du courant de Humboldt. Ce dernier est un courant marin de surface venant de l’Antarctique, longeant les côtes du Chili et du Pérou et de température inférieure de 8 à 9°C à celle de l’océan. Ensuite, la cordillère des Andes rafraichit considérablement l’atmosphère durant la nuit. Plus les vignes sont proches, plus les écarts de températures entre la nuit et le jour sont élevés, notamment en été où la différence peut atteindre 20°C.

La classification des vins se fait par « Denominación de Origen (D.O.) » ou dénomination d’origine en fonction des régions administratives et des vallées. Au sein de ces dénominations, il existe des indications géographiques permettant d’identifier plus précisément chaque terroir et son identité : Andes (terroir à proximité de la cordillère des Andes), Costa (terroir à proximité de la cordillère de la Côte) ou encore entre les deux (Entre Cordilleras).

Carte Chili

Pour découvrir quelques régions en détails.