Arrivées à Wellington, nous prenons le ferry pour l’île du sud où se trouve, au nord de l’île, la célèbre région de Marlborough, que nous découvrons sous une pluie battante, rare et bienvenue en cette période selon le vinificateur du domaine Forrest. Après un passage un peu décevant par l’incontournable Cloudy Bay, nous finissons notre tour de la région dans le restaurant du domaine Brancott Estate, qui propose des dégustations de ces vins devant une vue magnifique, donnant un aperçu des paysages époustouflants du pays….

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Les routes sinueuses du Seigneur des Anneaux nous emmènent à Queenstown, principale ville de la région Central Otago et paradis des sports extrêmes. Après un saut en chute libre, passage obligé, nous commençons notre périple dégustatif chez Peregrine, ancienne ferme à moutons reconvertie en domaine viticole (n’oublions pas qu’il y a plus de moutons que d’habitants en Nouvelle-Zélande), où nous goutons  plusieurs pinots noirs venant de différentes parcelles : Lowburn, pour le fruit, Bendigo, pour la structure, et Gibbston pour la minéralité et l’acidité. L’assemblage donne ainsi un très bon pinot noir Peregrine.

Les pinots noirs de Central Otago nous avaient été vantés par le pionner dans la région, rencontré quelques mois plus tôt en Bourgogne, Alan Brady. Ancien journaliste irlandais, il arrive à Central Otago en 1981 et est le premier à planter 8 hectares de vignes avec 15 variétés différentes pour déterminer laquelle s’adapte le mieux. Entouré de moutons et situé à pas moins de 400 kilomètres au sud des autres vignobles, il ne connaît rien à la viticulture et beaucoup le prennent pour un fou. Le pinot noir est ressorti grand vainqueur de ces essais, Alan a ainsi donné tort aux sceptiques. Ce dernier nous a par ailleurs concocté un programme très fourni afin de nous présenter la crème de la crème des vignerons de la région, dont nous retiendrons notamment les deux suivants : Felton Road et Rippon Vineyard.

Felton Road est l’un de nos coups de cœur de Nouvelle-Zélande. Situé à Bannockburn, le domaine possède 32 hectares en biodynamie, convertis en 2005, ce qui était inédit à l’époque selon Blair Walter, vinificateur du domaine. La démarche consistait à augmenter l’énergie produite dans les vignes afin de refléter au mieux le terroir. Ce scientifique de formation était le premier sceptique face au concept de la biodynamie, qui est conduit selon un calendrier lunaire, les 4 phases de la lune déterminant les jours fleur, feuille, fruit ou racine, pendant lesquels les réactions végétales seront différentes.

Aujourd’hui convaincu par la méthode, Blair nous explique comment remplir des cornes de bœufs d’une préparation organique afin de les enterrer entre les rangs de vignes, ou encore comment arroser les vignes avec des branches de thym sauvage séchées pour augmenter le développement des micro-organismes. Le plus intéressant selon Blair est que le concept même de biodynamie est en continuel évolution.

Selon lui, « Les pays du nouveau monde doivent apprendre à refléter leur terroir sans copier les bourguignons ». Elégants, structurés et avec une bonne fraicheur, la dégustation des vins de Felton Road nous pousse à croire en tout cas que la culture en biodynamie lui réussie !

Autre coup de cœur, la visite de Rippon Vineyard avec son vinificateur Nick Mills. Passionné et passionnant, il nous raconte devant la vue époustouflante de son vignoble (le plus photographié du pays) comment chacun des éléments naturels constitue un facteur essentiel pour la vigne : l’île retient les vents puissants, le glacier apporte de la fraicheur et le sol de la minéralité… La terre est ce que la famille de Nick préserve et privilégie avant tout le reste.

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Et alors qu’il nous parle, un harmonica joue dans les vignes, pour effrayer les oiseaux ! De quoi faire jouer aussi tous les cœurs romantiques devant un spectacle pareil. Sans mentir, nous avons une petite larme à l’œil…