Deux petites heures de vol séparent l’Australie de la Nouvelle-Zélande, et pourtant c’est réellement un autre pays, une autre culture, un monde nouveau que nous allons découvrir pendant ce mois de mars 2015. Nous commençons par l’île du nord, où l’on trouve notamment les régions viticoles de Auckland, Hawkes Bay et Martinborough.

Dès nos premiers pas à Auckland, nous découvrons l’intérêt des vignerons néo-zélandais pour la Bourgogne. En effet, Mickael Brajkovich, vinificateur du domaine familial Kumeu River, est membre de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Le domaine possède une reconnaissance mondiale pour ses chardonnays dont la méthode de vinification s’inspire fortement de celle de la Bourgogne.

Toutefois Bordeaux n’est pas en reste et trouve aussi ses amateurs, surtout dans la région de Hawkes Bay. En effet, le vinificateur du domaine Vidal nous explique que le terroir de la région est proche de celui de Bordeaux, avec beaucoup de graviers, ce qui réussit particulièrement au cabernet sauvignon. C’est pourquoi d’ailleurs une association a créé une marque collective « Gimblett Gravels », élaborée pour définir un périmètre de la viticulture en utilisant des principes qui ne sont pas pris en charge dans la loi sur les indications géographiques en Nouvelle-Zélande, démarche qui se rapproche de celle des vins de Swartland independent en Afrique du Sud.

En face d’Auckland, nous trouvons l’île de Waiheke, petit paradis de 92 km2 mêlant nature, plage et une vingtaine de domaines viticoles… Un déjeuner au domaine Cable Bay nous permet de comprendre l’intérêt de cette île pour les viticulteurs, ainsi que pour les touristes !

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Notre route continue au sud de l’île du nord vers Martinborough. Premier arrêt chez Ata Rangi et explication sur l’origine du « Gumboot clone », bouture très fréquemment utilisée par les vignerons néo-zélandais qui tient son nom de son histoire. Il aurait été introduit dans le pays illégalement par un vigneron revenant de Bourgogne qui avait caché des bois provenant du domaine de la Romanée-Comti dans ses bottes de caoutchouc. Nul doute qu’une telle origine permette l’élaboration de grands vins ! Nous découvrons notamment tout le potentiel du pinot noir néo-zélandais chez Escarpement dont le cépage compose 70% de sa production.

Cette première expérience dans l’île du nord nous conforte avec l’idée que la Nouvelle-Zélande regorge de très bons terroirs et que le Sauvignon blanc ne domine pas le marché tel qu’on pourrait le penser. Nous découvrons aussi une culture respectant la nature et les traditions, notamment celles des maoris dont les néo-zélandais sont très fiers. En effet, la majorité des domaines y font ainsi référence, que cela soit par le nom de leur cave ou par le nom de leur cuvée.