L’histoire débute en 1647, lorsque le Haarlem, un bateau de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, s’échoue en Afrique du Sud. L’équipage est resté quelques mois avant de pouvoir rejoindre son pays et relater son aventure. Puis, la décision est prise, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales choisit d’établir un point de ravitaillement en Afrique du Sud, à mi-chemin des Indes. Une mission dirigée par Jan van Riebeeck débarque et s’établit au Cape en 1652. Jan van Riebeeck devient ainsi le premier gouverneur de la Province du Cap avec pour devoir d’assurer le ravitaillement de la marine marchande en vivres et en vins. Ce point de ravitaillement devient vite une colonie de peuplement. Jan van Riebeeck plante les premières vignes en 1655 et produit son premier millésime en 1659 à base de Muscadelle, cépage français blanc.

Le gouverneur Simon van der Stel succède à Jan van Riebeeck en 1679. Passionné de viticulture, il établit un vignoble sur sa ferme à Constantia (au sud du Cap), le terroir est selon lui idéal pour produire un vin naturellement sucré. Et Simon van der Stel ne s’était pas trompé, convoité de toute l’aristocratie européenne, le vin de Constance est exporté avec succès aux XVIIIème et XIXème siècles. On raconte même que Napoléon en buvait chaque jour pour soulager sa solitude sur l’Ile Sainte-Hélène. Un siècle après sa disparition, en 1986, Klein Constantia ressuscite la légende et relance la production du vin de Constance, sur une parcelle faisant partie du vignoble originel de Constantia. Simon van der Stel a également établit le ville de Stellenbosch où les premières vignes sont plantées en 1679.

L’histoire se poursuit avec une forte influence française dès les années 1670 et l’immigration des Huguenots. À la suite de la révocation de l’édit de Nantes en 1685, les Français protestants, plus communément appelés Huguenots, répondent par un exode massif ; certains d’entre eux rejoignent l’Afrique du Sud. Avec eux, les Huguenots importent leurs connaissances viticoles et s’établissent dans la vallée de Franschhoek.

Franschhoek - Afrique du Sud

Vallée de Franschhoek.

En 1866, le vignoble sud-africain est détruit par une épidémie de phylloxera ; vingt à trente années sont nécessaires pour reconstruire l’industrie viticole.

L’industrie évoluera et s’améliora au cours du XXème. Croisement entre Pinot Noir et Cinsault, le Pinotage est créé en 1925 par Abraham Perold et est mis en bouteille pour la première fois en 1961. La première route des vins du pays à Stellenbosch est inaugurée en 1971, un système d’appellations d’origine (WO ou «Wine of Origin ») est mis en place en 1973.

Toutefois, cette industrie viticole en plein essor est isolée internationalement. Durant les terribles années de l’Apartheid (1948 – 1994), la communauté internationale sanctionne cette politique de ségrégation raciale en appliquant dès les années 1970 une politique d’embargo. Le démantèlement de l’Apartheid au début des années 1990 et l’élection de Nelson Mandela en 1994 sont un tournant pour l’économie sud-africaine et notamment l’exportation des vins.

Aujourd’hui, le vignoble sud-africain se déploie sur 130 000 hectares, principalement localisées au sud-ouest du pays autour de Cape Town. Les cépages blancs les plus courants sont Chenin, Chardonnay et Sauvignon blanc. Pour les cépages rouges, Cabernet Sauvignon, Shiraz, Merlot et Pinotage sont les plus plantés.

Idéale pour le tourisme, la région viticole du Cap propose de nombreuses routes des vins alliant gastronomie et dégustations (avec modération). Un indispensable : Platter’s Wine Guide, guide qui référence tous les domaines avec leurs coordonnées.

Jordan Farm, Stellenbosch - Afrique du Sud