Le berceau du vin se situe au Moyen-Orient et en Méditerranée Orientale, Israël ne déroge pas à cela, des traces de viticultures remontent à la période des cananéens. Israël fait bel et bien partie de l’ancien monde viticole. L’interruption de sa production durant les années de domination musulmane et le redémarrage tardif de cette industrie ont probablement entrainé une perte de sa légitimité en tant que producteur de vins.

De nombreux récits bibliques témoignent également de l’ancienneté d’Israël en tant que nation viticole. Le pays est décrit comme « couvert de figues et de vignes » dans le deuxième Livre des Rois, les rois d’Israël possédaient de grands vignobles selon La Bible… Par ailleurs, c’est aussi en Israël, à Cana, à quelques kilomètres au nord de Nazareth, que Jésus a accompli le célèbre miracle de transformer l’eau en vin lors des noces de Cana (évangile de Saint Jean).

Cana

Eglise nuptiale catholique de Cana à Kafr Kana.

L’histoire viticole moderne débute à la fin du XIXème siècle, lorsque le baron Edmond de Rothschild, propriétaire de nombreux vignobles dans le monde et du célèbre Château Lafite-Rothschild à Bordeaux, a débuté l’importation de pieds de vignes et du savoir-faire français. Il a créé des coopératives viticoles dans la région côtière du Nord et est également à l’origine de Carmel, qui fait aujourd’hui partie des plus gros producteurs de vins du pays. Puis, l’instabilité économique et politique internationale des années suivantes n’a guère fait progresser ce secteur. Il faut attendre les années 1980 pour voir la production de vins se relancer. Ainsi, en 1983, est créée Golan Heights Winery dans le plateau du Golan (Galilée), il s’agit de la première cave moderne du pays proposant des vins de qualité. Cette création fait suite aux travaux du professeur Cornélius Ough, enseignant à UC Davis, qui a mis en avant le potentiel de la région de la région du Golan qui, avec ses sols volcaniques et son altitude élevée, semblait être un excellent terroir. Une nouvelle direction est prise, l’industrie se modernise, la qualité des vins s’améliore. Puis dès les années 1990, un dernier tournant, l’ouverture de « boutiques wineries » ou domaines familiaux se concentrant sur une petite production de vins de terroir. La première « boutique winery », Margalit, sera ouverte en 1989, par le charismatique Docteur Yair ; il enseigne aujourd’hui l’œnologie à IIT (Israël Institute of technology).

Les israéliens sont amateurs de vins rouges ainsi 80% des vins produits sont rouges. Et avec ce climat chaud, le monde viticole s’est concentré sur les cépages les plus adaptés : variétés bordelaise, du Rhône et du Sud. Bien que très présent lors des évènements religieux, le vin ne fait pas encore partie du quotidien des israéliens, la consommation nationale est de 6-7 litres par an et par personne.

Les vignobles s’étendent du Nord au Sud, du Golan au désert du Négev avec une belle diversité de terroirs sur les 8 000 hectares de vignes du pays.

Au nord, la région de Galilée, une région montagneuse comprenant le plateau du Golan (1200 mètres) et le Mont Hermon (2 224 mètres). Ce dernier est également appelé les yeux d’Israël grâce à sa position dominante sur les frontières avec le Liban et la Syrie ; c’est également la seule montagne du pays où il est possible de faire du ski. Dans cette zone les vignes sont cultivées entre 400 et 1200 mètres d’altitude, bénéficiant d’un climat frais et de sols basaltiques / volcaniques.

La région côtière du Nord, le long de la côte Méditerranéenne en Haïfa et Tel Aviv, est une région traditionnelle avec un climat Méditerranéen et une délicate brise marine. Les vignobles sont principalement autour des villages de Binyamina et Zih’ron Ya’acov.

Au sud de Tel Aviv et à l’ouest des collines de Judée se trouve la région de Samson dont les conditions climatiques sont identiques à la précédente. Les vignes se nourrissent de sols rouges dans la plaine et de sols argilo-calcaires sur les coteaux.

A l’ouest de la ville de Jérusalem, les collines de Judée. Journées chaudes et nuits fraîches, vignobles à plus de 800 mètres et sols calcaires / caillouteux, font de ce terroir l’un des plus subtiles et qualitatifs du pays.

La région du Néguev, au sud de Beer’Sheva, est une zone désertique avec près de deux jours de pluie par an. Quelques aventureux ont planté des vignes sur les terroirs les plus élevés, à 800 mètres d’altitude, sur des sols sablonneux et où les variation de température sont supérieure à 20°C entre la nuit et le jour.

Sphera

Sphera Winery

Nos coups de coeur :
Sphera, des vins blancs pures et complexes. (Samson)
Tzora, une vraie notion terroir pour ces vins élégants. (Collines de Judée)
Vitkin, des vins plaisants qui donnent envie de s’attabler ! (Région côtière du Nord)  
Le Garage à Papa, nous n’avons dégusté que le blanc et avons adoré. (Région côtière du Nord) 
 
Et aussi :
Château Golan, un petit domaine qualitatif de 15 ha dans la partie sud du Golan. (Galilée) 
Ella Valley, une belle maison où Lin est conseillée par Patrick Léon. (Collines de Judée) 
Binyamina, une nouvelle équipe dynamique et prometteuse qui proposera son premier millésime en 2014. (Région côtière du Nord) 
Margalit, charmant domaine familial dont le cabernet franc est incontournable. (Région côtière du Nord) 
Flam, domaine familial qui possède deux vignobles : un dans les collines de Judée et un en Galilée. 
Clos de Gat pour ses vins Ha’rel et son délicieux Muscat d’Alexandrie Syra 2006. (Collines de Judée)
Domaine du Castel et ses grands vins typés Bordeaux, préférez les millésimes anciens. (Collines de Judée) 
Golan Heights Winery pour ses vins de la gamme Yarden. (Galilée) 
Midbar, les vins du désert du Négev (notamment les blancs et le Syrah 800). (Néguev) 

Golan Heights Winery – Israel