Dans la religion juive, le vin a un aspect de sainteté et est principalement consommé lors des bénédictions de kiddoush (ouvrant les repas du chabbat) ainsi qu’au cours des fêtes du calendrier hébraïque (Pessa’h, Roch Hachana..). Pour cela sa production suit un processus très strict afin de pouvoir être casher, c’est-à-dire conforme aux exigences religieuses. Rappelons que durant de nombreuses années, le vin israélien était pasteurisé, il perdait ainsi son aspect de sainteté (et sa saveur), sa production se voyait simplifiée. Aujourd’hui, cette méthode est dépassée, il n’y pas de différence dans la production d’un vin casher ou d’un vin non casher ; le fait d’être casher n’est ni une garantie de qualité ni un facteur de médiocrité.

Un vin casher est produit par des personnes juives considérées comme religieuses et  sous l’autorité du superviseur religieux. Autrement dit, il est produit par des personnes préservant le septième jour de la semaine, le chabbat. Chabbat s’étend du vendredi soir, 15 min avant le coucher du soleil jusqu’au samedi après le coucher du soleil. Durant cette période, il est notamment interdit de travailler, d’utiliser du matériel électrique, ainsi que de nombreuses autres activités comme la couture. Pour résumer, de la vendange jusqu’à la mise en bouteille avec capsule, le vin ne doit être manipulé que par des juifs religieux. Le superviseur religieux accompagne toute personne, non juive religieuse, dans la cuverie afin de s’assurer qu’elle ne touche à rien !

Un vin casher est issu d’une vigne casher. Pour être casher, une vigne doit remplir quelques conditions. Tout d’abord, seule la récolte de la quatrième année après la plantation peut être utilisée. Règle assez simple à respecter, les viticulteurs n’utilisent généralement pas les fruits des jeunes vignes. Ensuite, il ne faut pas planter de fruits ou de légumes entre les rangs de vignes. Enfin, tous les 7 ans, il faut faire « shemitah » ou « laisser tomber ». Durant cette année, on laisse la terre se reposer, on ne plante pas, on ne coupe pas, on n’améliore pas la terre… Ceci dit, nous parlons d’entreprises, aussi la vendange est réalisée même une année de shemitah, mais aucune nouvelle plantation ou travaux d’envergure ne sont effectués dans les vignobles.

Enfin, chaque domaine doit écarter une quantité symbolique de sa production, ceci représente la contribution effectuée pour le Temple de Jérusalem.

Toutes ces règles énoncées ne s’appliquent qu’à la production de vin casher en Israël, la production de vin casher hors du pays est plus souple. Les cinq plus gros producteurs d’Israël, Barkan, Teperberg, Carmel, Golan Heights et Binyamina, ainsi que les domaines produisant plus de 1000 000 bouteilles sont en général tous casher. En effet, produire un vin casher est d’abord une conviction, mais aussi stratégiquement indispensable pour s’assurer de vendre son vin plus facilement. Principalement consommé lors des événements religieux, la nature casher du vin conditionne dans la décision d’achat du consommateur juif. À titre d’exemple, à l’approche des célébration de Pessa’h et Roch Hachana, les ventes de vins casher augmentent de près de 40%.

Domaine du Castel

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