Le Liban est souvent considéré comme un pays du nouveau monde viticole, pourtant la viticulture y est millénaire et remonte à l’époque phénicienne. Aujourd’hui, il est estimé que la culture du raisin destinée à la production de vins et d’arack s’étend sur près de 3 000 hectares, dont plus de la moitié dans la vallée de la Bekaa. Le Liban est également un producteur de raisins de table avec près de 25 000 hectares.

La civilisation phénicienne prend ses racines au Proche-Orient ; la Phénicie correspondait approximativement à l’actuel Liban. Dès le IInd siècle avant J.-C., les phéniciens cultivaient la vigne dans la vallée de la Bekaa et exportaient des jarres de vins dans l’ensemble du pourtour Méditerranéen. Autre témoin de l’importance du vin au Liban, un temple, situé à Baalbeck dans la vallée de la Bekaa et construit au IIème siècle, qui est dédié au Dieu romain du vin, Bacchus.

Port de Byblos

Ville de Byblos, fondée 5000 avant J.-C. ; elle héberge l’un de plus vieux ports de commerce du monde.

L’invasion des Arabes dès le VIème siècle, puis la domination Ottomane dès 1830 auraient pu remettre en danger la viticulture, cependant de puissantes communautés chrétiennes installées dans le Mont Liban ont maintenu cette culture. En effet, la production du vin a des fins religieuses était tolérée.

L’histoire moderne du vin au pays du Cèdre date du XIXème siècle lorsque les Jésuites s’installent et fondent les caves de Ksara en 1857. Les Ottomans ont offert une propriété de 25 hectares aux Jésuites afin de cultiver la vigne pour le besoin des offices religieux. Les célèbres caves de Ksara sont découvertes par accident en 1898. L’histoire raconte qu’un renard venait chaque nuit se délecter des poules du monastère. En découvrant la galerie souterraine utilisée par le renard, les moines ont également découvert d’anciennes caves.

Le pays connaît les années suivantes une véritable renaissance viticole avec la création de domaines : Domaine des Tourelles en 1868, Château Musar en 1930, Château Kefraya en 1951… Cette effervescence sera mise à mal par la guerre civile (1975 à 1990), quelques producteurs continueront leur production durant ces tristes années. La fin des années 1990 marque un tournant avec l’arrivée de nouveaux producteurs : Domaine Wardy, Clos Saint-Thomas ou encore Château Belle-vue…

Domaine Bellevue

Vignobles en terrasse de Château Belle-vue.

Aujourd’hui, on compte une quarantaine de domaines et une production de 8 millions de bouteilles, dont 40% sont exportées à destination de la diaspora majoritairement. En l’absence de quotas de plantations, chaque année un ou deux nouveaux producteurs voient le jour, un marché qui pourrait vite devenir saturé.
Localement, le vin prend petit à petit des parts de marchés. La consommation de spiritueux, arack ou whisky, est encore préférée à celle de vins au cours des repas.
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Sacs d’anis et vieillissement de l’arack dans des jarres en grès au domaine Wardy.

L’arack, boisson traditionnelle, cousin de l’ouzo et du raki, est également nommé le « lait des braves ». Il est obtenu à partir d’une distillation de jus de raisin, principalement issu du cépage obeïdi, et de graines d’anis généralement importées de Syrie. L’arack est ensuite vieilli dans des jarres en argile. Il accompagne parfaitement les mezzés.