Plus de 550 000 milles hectares de vignes habillent les reliefs turcs. Au côté de la France, de l’Italie et de l’Espagne, la Turquie figure parmi les plus gros producteurs de raisins de table du continent européen. Ainsi, 97% du raisin produit en Turquie est du raisin de table. Les 3% restants permettent de produire chaque année près de 75 millions de litres de vins. Mais ces vins sont-ils bons ? Il faut admettre qu’une grande partie de la production de vins se rapproche plus d’un vin de table sans âme que d’un réel vin de terroir. Pourtant, ne nous méprenons pas, la Turquie ne se résume pas qu’à ces vins, bien souvent servis dans les « ressorts all-inclusive » des villes touristiques de la Côte. Cette belle et vielle nation viticole regorge de vins de qualité que nous vous invitons à découvrir !

Le marché viticole turc est dominé par quelques gros producteurs, produisant chacun plusieurs millions de litres. Ces maisons produisent plusieurs gammes de vins, allant de faibles quantités de fins nectars à des quantités astronomiques de vins de tables en marque blanche ! En parallèle, de nombreuses petites caves se sont développées dès la fin du monopole en 2003. Malheureusement, ces caves peinent à se faire connaître sur le marché local, la publicité pour l’alcool étant interdite et les journaux sur le vin ont disparu des kiosques. Ces petites structures n’ont pas les moyens de « graisser la patte » des serveurs pour voir leurs vins apparaître sur les cartes dans les restaurants. Leur développement à l’international est également freiné par le désintérêt des consommateurs pour les vins turcs considérés à tort comme mauvais. La production nationale est exportée à hauteur de 5% et majoritairement consommée par la diaspora turque. Le reste sera consommé dans le pays, principalement dans les grandes villes et les zones touristiques de la Côte Méditerranéenne. Toutefois, le consommation nationale reste très faible, environ un litre par personne et par an. Boire du vin au cours des repas ne fait pas parti des habitudes locales, le raki et la bière sont davantage consommés.

Le vignoble de Kavaklidere en Cappadoce

Le vignoble de Kavaklidere en Cappadoce.

Sur son vaste territoire, la Turquie dispose d’une multitude de terroirs avec des sols et des conditions climatiques variés. L’Anatolie est principalement dédiée aux cépages autochtones aux noms exotiques : Boğazkere, Öküzgözü ou encore Kalecik Karası. Tandis que la zone de production à l’Ouest est orientée sur le travail des cépages internationaux : Cabernet Sauvignon, Syrah, Merlot… Ces cépages seront choyés et vinifiés par des œnologues turcs formés à l’étranger. Il n’existe pas d’université ni d’école spécialisée en viticulture ou en œnologie en Turquie ; aussi après un cursus d’ingénieur agricole, les plus passionnés n’hésitent pas à se rendre à l’étranger pour se former. La France est une destination privilégiée pour sa formation œnologique de qualité. Par ailleurs, les œnologues locaux seront très souvent épaulés par des consultants français. Nous pensons entre autres à Kavaklıdere qui bénéficie des conseils de Stéphane Derenoncourt ou encore Vinero qui bénéficie de l’expertise de Michel Rolland.

Côtes d’Avanos, Kavaklidere, Cappadoce - Turquie

Cépage Öküzgözü ou « oeil-de-boeuf ».

La Turquie a ainsi toutes les cartes en main : un terroir de qualité, des cépages uniques et une combinaison de talents. Cependant, un travail de communication, demandant une mutualisation des efforts des producteurs, est nécessaire afin de redorer l’image de ses vins à l’international.