Notre première destination en Serbie fût Novi Sad, notamment pour découvrir le parc national du Fruška Gora. Vaste montagne isolée dans un paysage plus plat que la Belgique et dans laquelle chaque route mène à un monastère. Il existe autant de routes des vins que de routes de tout court, et l’une d’entre elles nous mène au domaine familial « Podrum Kuzmanović » dans le village de Čerević. La famille Kuzmanović produit 2 hectares de vignes, dont le Neoplanta, latin de Novi Sad et cépage local.

Après une visite des caves et dégustation de leurs vins, nous avons été conviées à boire un café « turc » avec la grand-mère, la bru, le fils et le petit-fils âgé de 12 ans, s’occupant de la traduction anglais-serbe. La conversation nous amène à évoquer cette année très rude à cause la pluie. La récolte est mauvaise.

Jovan, le fils, nous explique toutefois avec fierté que des français sont venus dans son domaine et ont comparé son vin à du Chablis. Nous restons un peu sceptique sur la comparaison mais la référence est plaisante!

La grand-mère quant à elle nous fait comprendre en serbe qu’à notre âge nous devrions être mariées et avoir des enfants. Elle semble nous indiquer qu’elle a quelqu’un à nous présenter… Nous décidons de reprendre la route avant d’en arriver à la célébration de mariage !

Avant de partir, les Kuzmanović insistent pour nous offrir deux bouteilles de Neoplanta. Nous sommes gênées par tant de générosité.

Fruška Gora

Nous continuons notre chemin dans le nord du pays, au nord de la Voïvodine, et trouvons refuge dans la ville de Palić. Un mélange très surprenant de Suisse et d’Autriche en pleine Serbie. Les rues sont parsemées de Villas austro-hongroises, toutes faisant Bed & breakfast.

Palic

Nous partons déguster chez Vinarija Zvonko Bogdan, domaine un peu prétentieux, dont l’ambition est de créer un complexe restaurant-conférence-dégustation-photomontage… et dont l’ensemble est marketé jusqu’au bout des ongles de notre jolie guide. Le formatage est parfait et le vin proposé aussi. Equilibré, mais sans surprise.

Palic2

A l’inverse, lorsque l’on trouve la Vinarija Tonković, petit domaine perdu dans ses vignes, on découvre de petites merveilles issues du Kadarka, cépage autochtone produisant des vins légers et équilibrés. Un délice.

Le vigneron ne parle anglais, la dégustation s’improvise dans la cuverie, mais le moment est plein de poésie. Les vins portent les noms enchanteurs de Fantazija (fantasia), Simfonija (symphonie) et Rapsodija (rapsodie).

Kardaka

Nous reprenons notre petite Nisan Micra en direction d’Oplenac, à 100km au sud de Belgrade. Nous nous arrêtons découvrir l’imposante et magnifique Eglise orthodoxe Saint-Georges construite par le roi Pierre 1er en 1912, avant de déguster chez le fameux domaine Aleksandrović, référence incontournable en Serbie. Les vins sont bons mais nous sommes assez loin de l’approche terroir que nous recherchons…

Oplenac-Topola

Or il nous reste 24h avant de devoir rendre la voiture. Deux choix s’imposent à nous : rester dans cette région qui ne nous passionne pas vraiment, ou parcourir 500 kilomètres aller-retour de routes de campagnes pour atteindre le village de Rogljevo, candidat au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. La curiosité est trop forte, et nous partons à la découverte de ce petit village constitué uniquement de caves pour moitié enterrées.

Après 4h de routes et chemins de terre, nous sommes soulagées d’atteindre notre objectif. Mais il n’y a strictement personne à notre arrivée, le village semble désert. Toutefois lorsque nous passons devant une cave éclairée, le propriétaire des lieux vient à notre rencontre et nous fait comprendre en serbe que nous devons venir nous asseoir à sa table, où 3 autres convives dégustent ses breuvages et nous font office de traducteurs serbe-anglais.

Nous dégustons d’abord la liqueur de basilique, puis le vin blanc, le vin rosé, et le vin rouge… C’est ainsi que nous est révélé le secret d’un bon moment serbe : « friendship, barbecue and wine ! ». Nous nous éternisons dans cette cave chauffée au feu de bois et nous délectons des histoires du village serbe.

Le temps passe, il fait nuit. Notre vigneron local appelle une amie pour nous trouver des chambres où dormir le soir même : nous arrivons alors dans une villa type autrichienne, destinée à héberger les vendangeurs. Nous croisons Mathieu sur le chemin, vigneron français qui tente l’aventure viticole serbe. Diner convivial franco-serbe, accompagné de merveilleuses feuilles de vignes farcies et plateau de fromages locaux.

Rogliejvo1

Rendez-vous le lendemain matin avec Mathieu pour les vendanges, avant de poursuivre notre route en terres arméniennes.

Rogliejvo2

La Serbie est un pays rempli de gentillesse, de convivialité et infiniment accueillant.